Ari nous rappelle pourquoi la musique folk est aussi essentielle

 

Il n’y a probablement pas grand chose qui ressemble plus à un morceau de folk enregistré dans une chambre qu’un autre morceau de folk enregistré dans une chambre. Alors pourquoi s’accrocher à 5 morceaux sortis de manière ultra-confidentielle dans un océan d’albums de confinement et de publications sponsorisées? Peut-être parce que plus ou moins volontairement, Ari a eu tout bon du premier coup, convoquant immédiateté pop et folk rock désossé à l’extrême.

Eddie, qui ouvre le disque, est à placer (pour faire très simple) entre Karen Dalton et Built To Spill. C’est d’ailleurs la grande réussite de cet EP sans prétention: nous donner l’impression d’entendre une histoire qu’on connaît par coeur mais retrouver la même sensation qu’au premier shoot de folk indie reçu à l’adolescence.

« Je me suis dit que je voulais créer ce genre de musique où tu as un univers entier qui éclate. Qui te donne envie avec rien, de vivre ci ou ça.  » m’a raconté par mail la musicienne parisienne quand je lui ai envoyé quelques questions. Le pari est réussi. Si un morceau comme The Ship touche du doigt la même grâce féline un peu épuisée des premiers albums de Cat Power, la voix d’Ari n’appartient pourtant qu’à elle. Moins râpeuse que celle de ses inspirations anglo-saxonnes, elle se faufile plus qu’elle ne se fracasse sur des arrangements malins de guitares électriques et de violon.

Les morceaux de cet essai inaugural ont d’abord été enregistrés de manière très instinctive sur un dictaphone. C’est probablement ce qui leur permet de se distinguer des albums souvent écoeurants conçus avec les moyens démesurés des home recordings actuels. Ici, la simplicité brute de ces chansons folk  conjugue richesse harmonique, production tout à fait crédible et un certain ascétisme. C’est ce qu’on a tant aimé dans la musique américaine des années 90 et Ari en propose une version mise au goût du jour totalement bienvenue. Ni hommage, ni pastiche, ce Virus (dont on regrettera juste le nom) est un petit monde à lui seul, l’indien du placard qui prend vie et ouvre le champ des possibles. Un disque qui donne beaucoup d’espoir par son absence de calcul et sa pureté créative. Et qu’on a hâte d’entendre en live.

 

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