Et si on s’en battait les c*uilles d’analyser PNL?

Ha qu’il est difficile (voire intolérable) pour certains ce moment où un objet artistique échappe à leur capacité d’analyse et de compréhension.

Voilà donc la sortie du disque de PNL vendredi dernier qui coupe notre pays en deux. Une partie est « sidérée », excédée, ne comprend pas le monde dans lequel on vit. Et l’autre se saisit d’un instant fugace où l’excitation provoquée par un disque prend le pas sur le quotidien et la réalité. Et elle a bien raison.

Vendredi dernier, j’étais en terrasse aux Halles à Paris. J’entends l’excitation palpable du crew de serveurs (qui doit avoir entre 18 et 20 ans). Ils se sont promis qu’ils s’attendraient pour l’écouter le soir après le service. Pendant que mon fil Twitter déroule des formules agacées ou des analyses longues comme le bras (sur un disque sorti quelques heures plus tôt, il faut tout de même avoir une capacité de synthèse assez bluffante), la vraie vie s’enthousiasme.

Au fond, ce groupe et cet album appartiennent à tout le monde. Et c’est exactement ce que je me suis dit en allant les voir jouer à Bercy. Evidemment, que je pourrais dérouler la parentalité  cloud rap, comprendre l’impact social et même (puisque c’est aussi mon boulot) décrypter la science de la communication elliptique et pachydermique du duo. A l’instant qui est celui ci, je vois dans PNL une forme d’acceptation, de démarche inclusive qui me réunit moi, les gamins de la terrasse , ceux qui dansent devant le bus siglé sur les Champs Elysées. Et je me dis que c’est un sentiment rare et puissant.

Finalement, si PNL exclut une partie de son potentiel auditoire c’est probablement celle qui cherche à les circonscrire et les mettre dans une case, en les traitant comme un phénomène de plus à traiter, mépriser ou récupérer. Le plus grand tour de force de ce groupe est probablement à cet endroit.

merci chère inconnue.