Trainfantome a sorti un disque (presque) parfait d’indie rock américain français

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J’avoue avoir pas mal de difficultés à m’enthousiasmer ces temps ci pour le rock à guitares de 2020. Le revival post punk sent tellement le plan marketing que ça me donne envie de brûler des doc martens et d’invoquer le fantôme de Mark E Smith (le gars détestait Pavement, vous imaginez ce qu’il penserait de Idles ou Shame). Et les trucs à fleur de peau type Big Thief me font terriblement bailler.

Il était donc d’autant plus jouissif de tomber sur le disque de petits français passés totalement hors de mon radar jusqu’à très récemment et qui joue dans une de mes catégories préférées: emo rock foireux et éthylique (vous vous rappelez les bars, c’était bien quand même). Sans storytelling particulier, en s’accrochant à ses morceaux comme vous à un de vos potes passé 3h du matin, Trainfantome tient un truc hyper crédible qui évoquera autant Sebadoh, American Football que Replacements (dont j’ai chanté les louanges dans le dernier zine).

Mature Immature sorti en 2018 portait bien son nom, quelque part entre une musique adolescente assumée et l’exploration de terrains plus complexes et adultes. J’avoue avoir un peu moins accroché sur le dernier EP sorti en plein confinement et j’espère que l’on retrouvera cette production de quaterback sur le prochain album du groupe. En attendant, j’ai demandé à son « leader » de me faire une playlist de choses qu’il aimait. C’est assez cryptique mais en fouillant bien, on peut retrouver un certain cheminement esthétique. « Started from the bottom, now we’re here », on est au même endroit et c’est très bien comme ça. Laissez Mark E Smith tranquille, merde (et continuez d’explorer les tréfonds de l’underground français, il s’y passe toujours quelque chose).

 

 

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