The Slow Sliders ont mis du coca dans leur sky et c’est tant mieux.

Comme les teenagers fugueurs qui partent à Hollywood devenir des stars de cinéma, les trois dernières décennies ont vu un paquet de post adolescents à la peau presqu’aussi grasse que leurs blagues monter des groupes indie rock pour échapper à la torpeur de leur destinée toute tracée. Et un peu à la manière de Tommy Wiseau rêvant de devenir le nouveau James Dean, on ne compte plus les tâcherons obnubilés par les succès de Mac de Marco et Kevin Parker.

Malheureusement et c’est la cruelle réalité du pop business, il ne suffit pas d’y croire pour y arriver. Il faut aussi avoir les bonnes chansons et les bons copains de beuverie. Deux atouts que semblent avoir en main The Slow Sliders. Evidemment pas sortie de la cuisse de Jupiter, leur pop ultra mélodique a la bonne idée de jouer de la musique molle avec une énergie tendue et rêche, méthode appliquée avec grâce par The Walkmen avant eux. Une jolie façon de nous mettre une petite claque sur la joue pour nous rappeler d’être attentif, là où la nouvelle scène US, Real Estate en tête, nous donne surtout envie de réécouter Amanda Woodward.

La voix du chanteur est un autre ciment qui assure la solidité de la baraque sans carjacker les morceaux (on apprécie quand elle s’efface sur le bien nommé « Tell Me More »). Et elle sait aussi prendre la main sur la balade « Empty Days », rencontre fantasmée de Carole King et Kings of Convenience.

La glissade tranquille c’est donc peut-être cette façon d’envisager une musique mélodique et pas chiante, qui met du garage et de la new wave dans sa pop BCBG comme certains mettent du coca dans leur sky.

« Glissade tranquille » de The Slow Sliders est sorti vendredi chez Kythibong et Eminence Grise et le groupe est en tournée tout l’automne